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« IL ETAIT UNE FOIS ... UN ENTREPRENEUR! »

Leadership & Motivation
Auteur :
Guy Bourgeois


Conférencier et auteur
gbourgeois@formax.qc.ca

 

Toutes les histoires débutent par : « il était une fois...» et se terminent par : « c'était quelqu'un de bien!» entre ces deux extrémités, le début et la fin de l'histoire, il y a toute une vie ».

Dans cette chronique, je veux tout simplement raconter l'histoire de beaucoup d'entrepreneurs, inventeurs, franchiseurs et franchisés ainsi que celle de tous ceux qui ont su croire en eux, croire en leurs rêves et qui ont réussi à vendre leurs idées. On les appelle les entrepreneurs. Il est probable que plusieurs d'entre vous se reconnaissent.

Le Québec en foisonne. Nous sommes, paraît-il, une fourmilière d'entrepreneurs et, en ces temps où les scandales et les revendications de toutes sortes donnent l'impression qu'avoir du succès veut dire être voleur, je me permets de regarder par l'autre bout de la lorgnette.

En ce qui concerne nos entrepreneurs québécois, il faut toujours se rappeler que derrière chaque succès d'entreprise, il y a un vendeur qui « en a arraché » pendant un bon moment avant qu'on n'entende parler de lui et qui est devenu, par la force de son rêve, un créateur d'emplois.


GENÈSE D'UNE ENTREPRISE


Le tout débute par le désir de faire quelque chose. Une idée germe dans la tête de l'entrepreneur. Petit à petit, il élabore son concept, pendant des mois. Il décide enfin de passer à l'action et de démarrer son entreprise. Ses débuts sont souvent modestes; il travaille de sa maison ou de son garage et cumule deux emplois. Il crée l'insécurité au sein de sa famille en prenant des risques financiers. Il travaille de longues heures. Il ne se verse pas de salaire, pendant des mois. Son projet commence à prendre forme. Ses voisins et amis, entre eux, émettent souvent des doutes: « Je ne sais pas si ça va marcher, son affaire ».

Le temps de prendre de l'expansion arrive. Il doit aller vendre son idée, souvent en rampant, à un banquier hautain, qui n'a pas fait le quart de ce que l'entrepreneur a dû faire pour se rendre là. Le banquier refuse sa demande. Il va en voir un deuxième, un troisième, un quatrième. Il obtient finalement un petit prêt, non sans avoir hypothéqué sa maison, mis en garantie « sa chemise et ses culottes » et avoir obtenu la signature d'un de ses proches. S'il est tenace et travaille fort, il va réussir.

Il commence à avoir besoin de renfort. Il met une petite annonce dans le journal. Il a besoin de deux employés. Il les traite comme il traiterait les membres de sa famille. Il commence à se verser un petit salaire, souvent équivalent à la moitié de ce qu'il donne à ses employés. Son entreprise continue de grandir. Deux, quatre, dix, vingt, trente-sept employés, des gens qui sont heureux de se trouver un emploi qui leur permet de se sentir valorisé, de gagner leur vie avec dignité et de procurer un peu de confort à leur famille. Tout ça, grâce au rêve de l'entrepreneur.

Les affaires vont bien. Il peut changer sa vieille Caravan pour une neuve. Mais, « oups », il traverse un période difficile. Il perd un gros client. Il doit emprunter de nouveau. Ce n'est pas grave, le rêve prend le dessus, il se relève les manches et travaille plus fort. Les affaires reprennent. Le nombre d'employés augmente encore mais l'ambiance d'une entreprise familiale est plus difficile à maintenir. Il commence à goûter aux fruits de son labeur et à se récompenser pour les multiples risques qu'il a pris. Il est fier de lui et il veut le montrer. Il commence à voyager un peu, agrandit sa maison, s'achète une belle table de billard, la Volvo de ses rêves, ainsi qu'une Miata pour sa conjointe et partenaire en affaires.

C'est là que les choses commencent à changer. Ceux qui ne l'ont pas vu travailler fort et qui le voient maintenant rouler en Volvo disent; « regarde le parvenu, le chanceux, le voleur ». L'esprit de famille s'effritant encore, dû au plus grand nombre d'employés, certains commencent à le trouver arrogant. On commence à utiliser le terme « l'employeur » en parlant de lui. « Ce n'est pas juste. Il a réussi. Il a forcément triché quelque part et exploité des gens ». Puis, à un moment donné, les gars de l'impôt se rendent chez lui. Lui qui, en trois ans, grâce à son rêve, a permis à trente sept chômeurs de ne plus avoir à dépendre de prestations gouvernementales, a oublié de déduire le kilométrage qu'il faisait lorsqu'il allait reconduire ses enfants au soccer, dans sa vielle Caravan ainsi que l'utilisation personnelle qu'il a fait du cellulaire de sa compagnie. C'est sûrement un « croche » et un profiteur pour avoir fait ça. Malgré tout, il continue à se battre et foncer parce que c'est un entrepreneur et que tous ces petits désagréments pèsent bien peu dans la balance s'il les compare à la grande satisfaction qu'il a à bâtir son entreprise et à créer des emplois.

Cette histoire est celle de dizaines de milliers d'entrepreneurs québécois. C'est vous tous, qui vous vous reconnaissez dans ce récit, que je veux féliciter pour vos efforts et votre ténacité. MERCI pour les emplois que vous créez!
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