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L’ACQUISITION D’UN RESTAURANT… PLUS SIMPLE QUE JAMAIS !

Finance & Fiscalités
Auteur :
Philippe St-Aubin

MBA, CMA
Directeur de comptes, GE Financement commercial

 

Seriez-vous prêt si une occasion d'affaires se présentait aujourd'hui? Ces dernières années, nous avons été témoins d'un nombre croissant de transferts d'établissements dans l'industrie de la restauration. L'achat et la vente d'emplacements entre franchisés en réponse à la consolidation du marché, les programmes de retraite ou de relève en vigueur et la revente de restaurants corporatifs par le franchiseur sous-tendent cette effervescence. Les entrepreneurs à l'affût de telles occasions d'affaires se doivent d'être prêts. Dans cet article, nous tenterons de répondre à certaines questions susceptibles d'être posées par l'acquéreur en cours de processus.

Quel montant dois-je offrir? Un prix approprié dépend à la fois du prestige de la marque de commerce, de la fermeté du marché et de l'historique des ventes. Le prix offert devrait être établi en fonction d'un multiple du BAIIA - bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement. Un établissement qui arbore une marque de commerce de premier ordre, qui profite d'une conjoncture de marché favorable et dont les ventes affichent une tendance à la hausse devrait commander un prix équivalant entre 4,sx et 6x le BAIIA.

Qu'en est-il si le BAIIA est faible en raison des pratiques d'exploitation/comptables du vendeur? La réincorporation de certaines dépenses pourrait s'avérer nécessaire à l'examen des états financiers. Il peut arriver qu'un vendeur inclut diverses dépenses personnelles à même les frais d'exploitation de son établissement, notamment certaines dépenses encourues en rapport avec la voiture ou les voyages, ou encore que son commerce ne parvienne à atteindre un niveau d'efficience opérationnelle comparable au vôtre. Dans ce cas, dressez un état financier pro forma s'appuyant sur les ventes réelles de l'établissement visé. Retranchez les dépenses excédentaires et faites l'hypothèse qu'il vous sera possible de réaliser la moitié des efficiences opérationnelles atteintes par votre propre commerce (ex. : si le coût des produits vendus (CPV) de votre établisse¬ment est de l'ordre de 28 % et que celui déclaré par l'emplacement visé est de 32 %, supposez qu'un CPV de l'ordre de 30 % constituerait un résultat réaliste pour ce dernier). Ce BAIIA ajusté peut servir pour déterminer la valeur de l'entreprise sur laquelle portera l'offre d'achat.

Dois-je offrir d'acheter les éléments d'actif ou les actions? D'ordinaire, l'achat d'actions commande un prix inférieur en raison des économies d'impôts dont peut bénéficier le vendeur. D'un point de vue strictement comptable, il peut également s'avérer avantageux pour un acquéreur de tirer profit de tout report en aval de pertes aux fins d'impôts susceptibles de réduire les impôts à venir de l'entreprise visée par la transaction. À cet égard, il est toutefois essentiel de procéder à une étude diligente plus approfondie de l'ensemble des éléments d'actif et de passif liés à l'entreprise visée. En revanche, nombre d'acheteurs préfèrent faire table rase du passé en procédant à l'acquisition des éléments d'actif ou du fonds de commerce. Pareille approche se révèle plus simple, d'un point de vue légal du moins ou lorsque l'acheteur est à la recherche de financement. Avant de déposer une offre d'achat, nous \, vous recommandons de discuter de ces deux options avec votre comptable.

Quel pourcentage du prix d'acquisition le financement peut-il atteindre? Un prêteur qui comprend bien les rudiments de la restauration et qui se spécialise dans les opérations de finance¬ment reposant sur les flux de trésorerie pourrait financer jusqu'à 90 % du prix d'acquisition, et ce, dans la mesure où les paramètres financiers s'avèrent réalistes. Le prêt demandé ne devrait jamais représenter un multiple supérieur à six le BAIIA. Par ailleurs, l'établissement visé par la transaction devrait afficher un ratio de couverture des frais fixes suffisamment conservateur, soit de 1,20X ou plus. Autrement dit, le bénéfice annuel de l'entreprise visée devrait couvrir au moins 1,2 fois la totalité des frais de service de la dette anticipés. Puis-je recourir à un établissement existant pour fournir les capitaux propres nécessaires à la transaction? Oui. À titre de propriétaire d'un établissement qui est libre de dettes ou sous-endetté et dont les affaires tournent rondement, il devrait s'avérer possible pour vous de procéder, avec l'aide d'un prêteur, au refinancement de la dette de votre établissement, et ce, de manière à dégager les liquidités nécessaires pour compléter l'acquisition. Il pourrait également s'avérer possible pour vous de financer la transaction dans sa totalité si un ou plusieurs établissements peuvent être donnés en nantissement du prêt.

Que dois-je également prévoir? Vous devez connaître les obligations et les besoins à venir de l'établissement convoité. Examiner le contrat de location pour connaître quelles clauses d'indexation sont applicables au loyer, la date d'expiration et les conditions de renouvellement du bail. Si vous le désirez, il vous sera ensuite possible de renégocier lesdits termes du contrat de location avec le locateur, et ce, avant même de procéder à l'acquisition de l'établissement convoité. Vous devriez égale¬ment vous informer des exigences du franchiseur en matière de rénovation. À cet égard, obtenez un calendrier quant à la mise en oeuvre des rénovations exigées et une évaluation des coûts susceptibles d'être encourus. Tout financement que vous obtiendrez sera tributaire de ces facteurs. Vous devriez égale¬ment travailler à l'élaboration d'un programme de gestion et établir qui veillera au fonctionnement journalier de l'établisse¬ment acquis. Demandez au vendeur de vous fournir des notes biographiques ou encore les curriculum vitae des gestionnaires déjà en place, et ce, pour établir lesquels d'entre eux pourraient se révéler des valeurs sûres pour votre équipe.

GE Capital Solutions est un chef de file en matière de finance¬ment de franchises du secteur de la restauration au Canada. Nos multiples programmes permettent l'achat de biens immeubles, l'achat d'équipement et le financement d'améliorations locatives en rapport avec de nouveaux emplacements d'affaires, le refinancement et la rénovation d'emplacements d'affaires existants, le rachat d'actions et l'acquisition d'entreprises.
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